zondag 31 mei 2026

20 Kilometers of Brussels 2026

31 May 2026

It's become a yearly habit since 2022, Mathilde is once again participating in the 20 Kilometers of Brussels.



Quite a feat knowing her schedule the past week. 





Prince Emmanuel (20) ran the 20 kilometers as a handisport volunteer, accompanying a resident of Les petites soeurs des pauvres' care home for elderly persons in Brussels. Both Emmanuel and Elisabeth have (anonymously) volunteered at the care home when they were teenagers.




zaterdag 30 mei 2026

Elisabeth's Interview with La Libre

 La princesse Elisabeth : "A Harvard, j'ai essayé de mener une vie d'étudiante la plus normale possible"

Avec trois autres journalistes nous avons pu interviewer la princesse Élisabeth à Harvard peu avant sa cérémonie de remise de diplômes, "The Commencement", le 28 mai.

Emmanuelle Jowa
  • Publié le 28-05-2026 à 04h00
BOSTON, UNITED STATES OF AMERICA - MAY 26:  Pool photo opportunities with Princess Elisabeth in and around  Harvard pictured before the graduation ceremony on May 26, 2026 in Boston, United States of America, 26/05/2026 ( Photo by Philip Reynaers / Pool / Photonews
Cambridge, lundi 25 mai. Le rendez-vous a été donné à 14 heures au Smith Campus Center, sur Massachusetts avenue, près de Harvard Square. C'est un espace commun moderne, architecture brutaliste, vitres larges, murs dépouillés. Au rez-de-chaussée, des jeux d'échecs sur quelques tables, un coffee bar sophistiqué. À l'intérieur, un lieu de travail pour les étudiants de Harvard. Et ouvert à tous. Un silence monacal, du bois blond, des fauteuils de bureau aux lignes seventies.
C'est là, au premier étage, que nous attendons la princesse. Un garde du corps de l'équipe belge l'attend à nos côtés. Elle arrive à 14 heures tapantes.
Nous sommes quatre journalistes à mener cet entretien. Une première vraie interview. Nous avions pu lui parler déjà en 2023 en Égypte lors du voyage qu'elle avait effectué avec la reine Mathilde sur les traces de la reine Élisabeth. Mais c'était alors un entretien informel, en compagnie de la reine. Ce lundi, le phrasé est pesé, paisible. Le débit s'accélère par instants. Il y a quelques silences aussi. La princesse réfléchit. Ses réponses ont la force vive de la jeunesse. Son rire fuse de temps à autre, à la fois spontané et discret.
Elle parle avec un bonheur tangible de son expérience à Harvard. Fondatrice. Elle évoque ce foisonnement de cours, de discours, de personnalités. Ce lieu de légende où se croisent les cerveaux du monde entier.
Elle se montre plus réservée quant à ses intentions dans un futur proche. Elle aimerait se poser, se retrouver, digérer sans doute cette masse d'informations qu'elle accumule depuis de longues années, dont plus de sept passées à étudier à l'étranger. Elle compte prendre quelques mois voire davantage pour se ressourcer, respirer, s'écouter. Se retrouver. Et vivre des expériences nouvelles – extra-curriculaires – qu'elle n'aura peut-être plus l'occasion de vivre plus tard, lorsqu'elle exercera ses fonctions officielles à plein temps. Partir pour mieux revenir au fond. C'est en tout cas la façon dont nous interprétons ses mots.
De quelle manière avez-vous pleinement profité de votre expérience d'étudiante de Master à Harvard et de la liberté liée sur le campus et dans le Massachusetts ?
J'ai essayé de mener une vie d'étudiante la plus normale possible. Et j'en ai aussi beaucoup profité. Quant au Massachusetts, cet État est notamment connu en tant que "running State", un État où l'on court. Donc comment ai-je profité de ma liberté ? J'ai fait beaucoup de sport. J'ai de nombreux amis qui sont très sportifs, donc ils m'y ont encouragée, on a fait du sport ensemble. J'ai saisi l'occasion, lorsque c'était possible, de voyager à travers les États-Unis, pour voir une réalité différente de Cambridge. Parce que Cambridge bien sûr, ça reste un microcosme. Donc j'ai été à l'ouest, dans le sud, un peu dans les États avoisinants, dans le centre… Mais j'ai aussi rencontré sur le campus des gens absolument impressionnants qui m'ont inspirée. C'est quelque chose que j'ai trouvé très important.
Vous vous êtes sentie véritablement libre ?
Oui.
EMBARGO - ATTENTION EDITORS - EMBARGO PUBLICATION WEDNESDAY 27 MAY 2026 AT 13:00 BELGIAN TIME -  Crown Princess Elisabeth pictured in Harvard Kennedy School, Harvard University, in Cambridge, USA, Tuesday 26 May 2026. BELGA PHOTO POOL BENOIT DOPPAGNE - ATTENTION EMBARGO PUBLICATION WEDNESDAY 27 MAY 2026 AT 13 00 BELGIAN TIME - NO PUBLICATION ON ANY PUBLIC DATABASE -
La princesse Elisabeth à Harvard ©Belgaimage
Votre père, lors d'une mission économique en Californie il y a des années, a évoqué son séjour à Stanford ; il a dit que c'étaient véritablement deux des années les plus merveilleuses de sa vie. Parce que là-bas, il a pu être simplement "Philippe", et non le prince. Avez-vous vécu une expérience similaire ? En dehors de vos études, avez-vous pu faire tout ce que vous vouliez faire ?
Je pense que ma situation était légèrement différente, car pour moi, il s'agissait des deux dernières années d'un parcours scolaire et académique plus long. Le ressenti était un peu différent. Mais oui, j'ai certainement apprécié cette opportunité d'étudier ici aux États-Unis, en partie parce que c'est un peu plus éloigné de la Belgique. Et oui, j'ai essayé de mener une vie étudiante assez normale. Je vivais en appartement avec des amis. C'est bien, simplement, d'avoir ses propres petites routines. J'ai aussi apprécié de ne pas toujours être reconnue dans la rue. Et d'avoir un plus grand sentiment de spontanéité dans mon quotidien.
On sait qu'il y a des fortes tensions entre l'administration Trump et l'université… Cette situation a-t-elle engendré une ambiance particulière ?
C'est une question un peu compliquée, comme vous pouvez l'imaginer, parce qu'il y a une action judiciaire en cours. Mais ce que je peux vous dire c'est que c'était une situation très incertaine pour nous. Ça a créé pas mal de stress pour les étudiants. Mais l'université s'est quand même voulue rassurante et elle a proposé des options alternatives (dans le cas où les étudiants n'auraient pas bénéficié d'un renouvellement de visa par exemple. NDLR). Heureusement la situation a été repoussée, c'est plus calme. (La procédure en cours a permis de suspendre déjà certaines mesures qu'avait lancées l'administration Trump. NDLR).
Pourriez-vous partager une anecdote ou une expérience qui vous a marquée ?
Il y en a beaucoup parce que, comme je vous le disais, j'ai été entourée de gens très inspirants et différents. Mais je vous donne un exemple un peu plus concret : ma sœur (la princesse Éléonore. NDLR) est venue me rendre visite et ce fut formidable. C'était génial de pouvoir lui montrer un peu de la ville dans laquelle je vivais et de partager cela avec elle. Un autre moment fort pour moi est d'avoir eu l'occasion, avec quelques amis, de faire le marathon de New York. C'était une expérience formidable, avec une ambiance incroyable dans les rues. C'est quelque chose de typiquement américain aussi d'encourager les participants. J'ai trouvé ça super de se sentir emporté par le public. Pour revenir au côté académique, j'ajouterais comme moment fort le fait d'avoir été "assistante" pour un professeur. Ça m'a donné une nouvelle perspective, une ouverture et une autre façon d'approcher ma vie universitaire. (La princesse précise qu'il ne faut pas comprendre le terme "assistante" comme on l'entend dans les universités belges. C'est n'est pas une tâche "professorale" aux États-Unis, mais une "aide" à certains professeurs. NDLR)
Le monde entier semble converger vers Harvard ; l'élite mondiale se rassemble dans ce lieu. Dans quelle mesure votre passage ici a-t-il réellement modifié ou élargi votre vision du monde ? Et, par ailleurs, avez-vous réussi à vous constituer un réseau professionnel et amical ici ? Avez-vous le sentiment d'y avoir noué des liens étroits que vous entretiendrez encore des années durant, même après votre retour en Belgique ?
Oui, naturellement, j'ai énormément appris durant mon séjour ici, et ma vision du monde s'est incontestablement élargie. Y séjourner m'a permis d'envisager le monde, et l'Europe, sous un angle totalement différent. Cette expérience m'a donné matière à une profonde réflexion. Quant aux personnes que l'on croise, le fait de côtoyer des personnes aussi exceptionnellement intelligentes et travailleuses incite vraiment à l'humilité. Donc oui, elles ont indéniablement été une source d'inspiration pour moi. J'espère sincèrement pouvoir préserver ces amitiés pendant de longues années.
Vous avez terminé votre Master en politique publique. Allez-vous continuer à vous former d'une manière ou d'une autre ?
Je viens à peine de terminer, cette semaine. C'est encore très tôt, j'ai besoin de temps pour réfléchir. Je vais donc essayer de prendre du recul par rapport à ces années d'études et de me déployer d'autres façons. Ce pourrait être durant une année ou plus. Parce que je pense qu'il est important de créer des fondations solides et de ne pas se précipiter. Chaque chose en son temps. Je vais donc maintenant m'accorder un peu de temps, et puis je commencerai en temps voulu..
Savez-vous déjà quand vous aurez une maison, donc une dotation ? Et quand vous reprendrez les missions économiques princières?
Comme je le disais, je ne le sais pas encore exactement. Je communiquerai cela en temps voulu.
BOSTON, UNITED STATES OF AMERICA - MAY 26:  Pool photo opportunities with Princess Elisabeth in and around  Harvard pictured before the the graduation ceremony on May 26, 2026 in Boston, United States of America, 26/05/2026 ( Photo by Philip Reynaers  Pool/ Photonews
La princesse Elisabeth à Harvard ©PRE
Un journal prétend que vous avez prévu de traverser l'Atlantique à la voile…
J'ai appris ça, oui. J'adorerais mais ça ne fait pas partie de mes projets actuellement, non.
En quoi ce Master à Harvard vous a-t-il mieux préparée à votre futur rôle de reine ? Et en quoi a-t-il complété aussi votre bachelier à Oxford, en termes peut-être de méthodes, mais également de contenu ?
Le parcours au sens large à Oxford et Harvard m'a donné une vraie base structurée, et intellectuelle pour réfléchir. Comment apprendre à réfléchir, comment former ses opinions, ses réflexions. Alors qu'Oxford était un peu plus dans la théorie, ici c'était plus appliqué. À Harvard on apprend vraiment la formation et l'application des décisions au niveau politique. J'ai eu aussi l'occasion de me concentrer sur certaines régions du monde. Je me suis beaucoup intéressée au Moyen-Orient et à l'Asie, dont la Chine.
Comment, bien que profondément intéressée et passionnée par l'histoire, avez-vous finalement choisi d'orienter vos études vers les politiques publiques et la politique ? Qu'est-ce que ce programme de Master vous a concrètement appris sur la nature du pouvoir alors que la dynamique géopolitique évolue ? Aux yeux de beaucoup, l'état du monde semble se dégrader. Nombreux sont ceux qui éprouvent même un sentiment de désespoir. En tant que personne se préparant à occuper un futur rôle de leadership, parvenez-vous à vous élever au-dessus de ce sentiment ?
Il règne une grande incertitude dans le monde — une réalité que j'ai assurément ressentie ici également. Mais j'essaie vraiment de rester optimiste, car l'optimisme est un trait de caractère qui me définit — et c'est aussi quelque chose que j'ai l'intention d'emporter avec moi dans mon avenir. Mais oui, il est intéressant que vous abordiez le sujet du pouvoir ; j'ai justement suivi récemment un cours sur l'histoire et le pouvoir — il s'intitulait "Histoire appliquée". C'est donc exactement ce qu'ils entendent par là : ils tentent de tirer des leçons de l'histoire, y compris de l'histoire récente, afin de mieux appréhender l'avenir et de fournir des outils aux décideurs politiques. Donc, oui, j'y ai mûrement réfléchi.
Ici à Harvard, étiez-vous plutôt Élisabeth, ou une princesse appelée à régner un jour ?
Mon but ici était d'être juste Élisabeth. C'était important pour moi de vivre ces années en étant une étudiante parmi les autres. Et même si les gens savent, ils s'y font et tout est naturel.

Elisabeth's interview with Le Soir

 La première interview de la princesse Elisabeth : « Beaucoup de gens ne savent pas vers quoi ils vont, moi je sais quel sera mon chemin »

Pour la première fois, la princesse Elisabeth accorde une véritable interview à la presse écrite, dont « Le Soir ». A l’occasion de sa remise de diplôme à Harvard et de la fin de son parcours académique, elle revient sur ses années d’études, évoque l’avenir et se confie de manière plus personnelle sur son destin.
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Martine Dubuisson
Cheffe adjointe du pôle Pouvoirs Temps de lecture: 3 min
Envoyée spéciale à Boston
Moment charnière ce jeudi pour la princesse Elisabeth : elle sera officiellement diplômée en Politiques publiques de la Kennedy School, de l’université de Harvard (HKS). Voilà qui annonce le début d’autre chose. Alors l’héritière du trône a choisi de se faire mieux connaître, à travers une interview exclusive avec quatre journalistes de la presse écrite (deux francophones, deux néerlandophones), dont Le Soir.
A 24 ans, pour cette grande première, Elisabeth arrive comme n’importe quelle autre étudiante (sauf qu’un garde du corps en civil l’accompagne) dans le Smith Campus Center, où les universitaires peuvent venir travailler au calme et où se déroule l’entretien. Une petite table ronde, devant une baie vitrée donnant sur Harvard, cinq chaises, quelques mots d’introduction avec les remerciements de la princesse pour notre présence, et le jeu des questions-réponses commence. En toute simplicité. Elisabeth est souriante, concentrée, un brin tendue au début, mais elle a déjà appris à maîtriser ses émotions.

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Vous avez passé deux ans à Harvard. Avez-vous pu profiter pleinement de votre vie d’étudiante en master et de la liberté qui y est liée ?
J’ai essayé d’avoir une vie d’étudiante la plus normale possible, je vivais par exemple en appartement avec des amis. Et j’en ai effectivement beaucoup profité : j’ai fait beaucoup de sport ; j’ai aussi voyagé aux Etats-Unis pour voir une autre réalité que Cambridge, qui reste un microcosme quand même. Et sur le campus, j’ai rencontré des gens impressionnants, qui m’ont inspirée. J’ai pris le meilleur de ce que cet endroit a à offrir, des gens, des professeurs.
J’ai profité de pouvoir étudier ici, aux Etats-Unis, un peu plus loin de la Belgique. Et du fait de ne pas toujours être reconnue en rue, d’avoir plus de spontanéité dans ma vie de tous les jours. Cela aurait été différent si j’avais étudié en Belgique je pense.
Comment avez-vous vécu cette dernière année à Harvard sachant que l’université est en conflit avec l’administration Trump. Est-ce que cela créait une ambiance particulière ?
C’est une question un peu compliquée, parce qu’il y a une procédure judiciaire en cours (entre l’administration Trump et Harvard, Le Soir du 26 mai, NDLR). Mais c’était une situation très incertaine pour nous, ça a créé pas mal de stress pour les étudiants (lorsqu’il a été question l’an dernier de ne plus octroyer de visas aux étudiants étrangers, NDLR). Mais l’université s’est voulue rassurante et, heureusement, la situation s’est calmée.
Les professeurs en parlaient-ils ? Ou vous en parliez dans les couloirs ?
On en parlait d’une certaine façon, de temps en temps.
Si vous deviez retenir une anecdote ou une expérience qui vous a marquée durant ces deux années ?
Il y en a plein ! Mais ma sœur est venue me rendre visite et c’était un très chouette moment ensemble, pouvoir lui montrer la ville dans laquelle je vis et partager cela avec elle. J’ai aussi eu l’occasion de courir le marathon de New York avec des amis, ce qui est une expérience incroyable pour moi, car il y a une telle ambiance dans les rues, c’est typiquement américain. Et j’ai aussi été assistante pour un professeur qui donnait cours sur l’Asie, et cela m’a donné une autre perspective, une ouverture, une autre façon d’approcher ma vie universitaire.
Vous citez le lien avec votre sœur comme premier exemple…
Oui, nous avons de bonnes relations, à quatre (frères et sœur, NDLR).

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L’élite du monde entier vient étudier ici. « Make your mark on the world » est un des slogans de Harvard. Votre séjour a-t-il changé votre regard sur le monde ? Avez-vous construit un important réseau ?
J’ai beaucoup appris ici, cela m’a permis d’élargir ma vision du monde. Les Etats-Unis sont l’un des centres de pouvoir mondiaux et je pense aussi que le fait d’être ici et de voir le monde et l’Europe à travers leur prisme m’a donné matière à réflexion. Et puis, être entouré de tant de gens, comme vous le dites, des gens très intelligents et qui travaillent très dur, ça vous rend humble ; ils m’ont aussi inspirée et j’espère garder ces amis encore longtemps. Même s’il faudra alors beaucoup voyager ou qu’ils viennent en Belgique (rires), car ils viennent de partout dans le monde, d’Amérique latine, d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie, d’Australie…
Vous avez terminé votre master, qu’allez-vous faire maintenant ? Encore une formation d’une manière ou d’une autre ?
Je termine cette semaine, je vais recevoir mon diplôme. J’ai besoin d’encore un peu de temps pour réfléchir. Je vais essayer de prendre un certain temps après ces années d’études et me déployer d’une autre façon. Peut-être une année ou plus pour prendre du recul, réfléchir, car je pense qu’il est important que les fondations soient solides, de ne pas se précipiter. Donc chaque chose en son temps, je vais prendre un peu de temps et je commencerai en temps voulu.
Peut-être du temps pour voyager ?
Par exemple. Mais j’ai besoin de réfléchir. Tout doit se mettre encore en place. C’était très intensif ces études, je me suis mise à fond dedans. Donc j’ai besoin de ce temps.
Pourriez-vous encore étudier ?
Je crois que je vais me déployer d’une autre manière après mon long parcours académique.
Comme stagiaire ou bénévole ?
C’est difficile de répondre car je ne sais pas encore exactement moi-même, mais je ne crois pas que ce sera encore un vrai parcours académique. Il y a d’autres choses à côté.
Un journal prétend que vous avez prévu de traverser l’Atlantique à la voile…
J’ai appris ça, oui. J’adorerais, mais ça ne fait pas partie de mes projets actuellement, non. Je dois encore décider ce que je vais faire exactement. Je pourrai m’y atteler après la remise des diplômes.
Savez-vous déjà quand vous aurez une Maison, donc une dotation, quand vous reprendrez la présidence des missions économiques princières ? Et souhaitez-vous cela assez rapidement ou prendre plus de temps pour vous préparer ?
Je ne sais pas exactement encore. Je communiquerai cela en temps voulu. C’est trop tôt pour en parler.
Donc la reine Mathilde va continuer pour l’instant à présider les missions économiques princières ?
Oui. Pour le moment, rien ne change.
En quoi votre parcours universitaire, à Oxford puis à Harvard, vous a préparée à votre futur rôle de reine ?
Oxford m’a donné une vraie base structurée, intellectuelle, comment apprendre à former ses réflexions, ses opinions, c’était plus théorique ; ici, à Harvard, c’est plus appliqué, c’est la formation et l’application des décisions plus politiques. Et je me suis concentrée sur certaines régions du monde : je me suis fortement intéressée au Moyen-Orient, à l’Asie, à la Chine.
Y a-t-il un professeur ou une personnalité venue donner un cours qui vous a marquée ?
C’est difficile de répondre. L’ancien conseiller à la Sécurité nationale Jake Sullivan a donné une leçon sur l’intelligence artificielle, très intéressante. Il y a eu aussi John Kerry, Olaf Scholz. Ce sont les premiers noms qui me viennent à l’esprit. Je suis très intéressée par la politique étrangère.
Comment vous décririez-vous comme étudiante ? On vous dit très travailleuse, disciplinée, perfectionniste ?
Le perfectionnisme, c’est un peu vrai (rires), avec ses bons et ses mauvais côtés. C’est épuisant. C’est un de mes traits de caractère. J’ai eu la chance d’étudier ici et à Oxford, donc oui, j’ai beaucoup travaillé pour en tirer le meilleur. J’essayais d’assister à des conférences, car beaucoup de personnes venaient parler ici. Sur ce plan, j’ai travaillé dur pour saisir toutes les opportunités. Mais je n’étais pas toujours l’étudiante la plus parfaite et la plus disciplinée, j’ai essayé aussi d’avoir une vie en dehors de l’université, de sortir avec des amis, je n’étais pas toujours en bibliothèque, heureusement. (rires) J’ai essayé de trouver un équilibre.
Qu’est-ce que ce master vous a appris du pouvoir dans le monde ? Etes-vous parfois soucieuse de l’Etat du monde ?
Il y a beaucoup d’incertitude dans le monde pour le moment. Mais j’essaie vraiment de rester optimiste, c’est dans ma nature. J’ai suivi un cours sur l’histoire et le pouvoir, intitulé Applied history, qui essaie de tirer les leçons de l’histoire, y compris de l’histoire récente, pour nous aider à tirer des leçons pour l’avenir et fournir des outils aux décideurs politiques. J’y ai donc beaucoup réfléchi. Et c’était intéressant d’avoir ces conversations ici étant donné la diversité de points de vue. Mais j’essaie de rester optimiste et de ne pas me décourager.

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Une question plus personnelle : quels sacrifices avez-vous dû faire en tant qu’héritière au trône ?
Je dirais que je n’ai pas eu une enfance tout à fait normale, j’ai peut-être eu un peu moins de liberté qu’une personne ordinaire. Mais d’un autre côté, cela m’a aussi ouvert de nombreuses portes et offert des opportunités. C’est ainsi que j’essaie de voir les choses.
Pensez-vous avoir manqué quelque chose de votre jeunesse ?
Non, parce que depuis que je suis née, j’ai toujours su que ce serait comme ça. Je suis née avec un certain sens de responsabilité, mais ça a toujours été comme ça.
Est-ce facile à accepter ? Vous n’avez jamais remis cela en question ?
Quand vous êtes née avec cela, ce n’est pas la même chose que de le vivre plus tard dans la vie. Cela a façonné ma personnalité et ma vision du monde.
A contrario, vous avez eu des rencontres qu’une autre jeune femme de votre âge n’aurait jamais pu avoir ?
Bien sûr, j’ai eu l’opportunité unique de rencontrer certaines personnes exceptionnelles, qui m’ont beaucoup appris. Comme durant la réception avec l’Otan ou l’Union européenne, c’était très intéressant. J’ai pu rencontrer des gens impressionnants, ici et en Belgique.
Comme Barack Obama ?
Oui, c’était une rencontre marquante. A l’époque, j’accompagnais mes parents, surtout mon père. C’était davantage sa rencontre et j’étais contente de pouvoir y assister.
Les sondages sont plutôt positifs à votre sujet. Malgré votre jeune âge, les Belges ont déjà confiance en vous. Comment le ressentez-vous ?
Cela me fait bien sûr très plaisir et je suis évidemment reconnaissante qu’ils aient confiance. Cela ajoute aussi un peu de pression, car cela crée des attentes.
C’est aussi dû au fait que vous serez la première femme sur le trône.
Ce sera bien sûr la première fois et, de ce point de vue, c’est historique. Mais ce n’est pas la seule chose qui me définit. Mais cela signifie que j’ai moins de modèles auxquels m’identifier. Ce sera un défi supplémentaire. Mais dans ma génération, je ne suis pas la seule, il y a des mouvements similaires dans d’autres monarchies.
Dans différentes monarchies européennes, c’est effectivement une femme qui montera sur le trône.
Exact. Et nous nous connaissons, nous nous croisons lors de certains événements.
Quelle importance attachez-vous à la question du genre ? Vous définiriez-vous comme féministe ? 
Je crois très fort en l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. Il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. Mais ça ne me définit pas. J’ai du mal à mettre une étiquette là-dessus.
Comment vos expériences universitaires au Royaume-Uni et aux Etats-Unis ont influencé votre perception de ce que signifie être Belge ?
On se sent plus belge quand on est à l’étranger, c’est clairement le cas pour moi. Particulièrement aux Etats-Unis, je me suis rendue compte qu’être belge, cela voulait aussi dire être européen, et qu’on a beaucoup en commun entre Européens. C’était nouveau pour moi. Etre belge, c’est aussi avoir une certaine ouverture et flexibilité d’esprit, je l’ai aussi remarqué en parlant avec d’autres Belges. Car les Belges sont assez bien représentés ici à Harvard, on forme un chouette groupe.
Que pensent les Américains de la monarchie ? Ont-ils des questions parfois un peu drôles ou décalées ?
Ils ne comprennent pas très bien, ils ne connaissent pas très bien car c’est très éloigné de la réalité américaine et de leurs préoccupations de tous les jours. Donc oui, j’ai reçu des questions parfois un peu loufoques. Mais cela fait partie de ce que je dois expliquer.
Quelle question par exemple ?
Il ne m’en vient pas une directement, mais ce n’est pas du tout leur réalité. Il faut vraiment expliquer les bases et comment ça se passe, car c’est un système tout à fait différent de l’Europe ici.
Mais ici, vous étiez plutôt Elisabeth ou une princesse héritière ?
Mon but était d’être juste Elisabeth, car c’est important pour moi. Tout le monde savait, mais il y avait moyen de vivre comme une étudiante comme les autres. Même si les gens savent, ils s’habituent.

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Votre avenir sera, lui, en Belgique, alors que certains rêvent d’une carrière à l’étranger. C’est une contrainte pour vous ?
Je ne le ressens pas comme une contrainte, non. Je suis heureuse de savoir ce qu’il en est pour le reste de ma vie. Beaucoup de gens sont dans l’incertitude, ils ne savent pas vers quoi ils vont, moi je sais où je serai, quel sera mon chemin. D’une certaine manière, c’est bien de savoir. C’est pourquoi je prends un peu le temps de voyager maintenant, de faire des choses. J’ai aussi cette liberté d’esprit car je sais aussi que je serai bientôt là où j’ai grandi, d’où je suis.
Sur les huit dernières années, vous en avez passé sept à l’étranger. Qu’est-ce qui vous a manqué le plus de la Belgique ?
Ma famille naturellement et mes amis, car je ne me sens chez moi qu’en Belgique. Une certaine spontanéité chez les gens, la chaleur, la gentillesse, et l’humour que nous avons en Belgique. Et de petites choses comme le chocolat, car le chocolat anglais ou américain, ce n’est pas du tout la même chose !
Avez-vous déjà évoqué avec votre père la passation de pouvoir entre vous ? Est-ce que cela se passera aussi dans le cadre d’une abdication bien organisée ou plus traditionnellement ?
La question ne se pose vraiment pas encore.
Vous ne l’avez jamais évoqué avec le Roi ?
La question n’est pas encore à l’ordre du jour, chaque chose en son temps. Je trouve qu’il fait ça très bien et moi je suis très contente dans ma position.
Votre père ne manifeste pas du tout l’envie d’arrêter.
Non. C’est... Ce n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant. Je pense qu’il y a un temps pour tout. Ces temps viendront. Nous verrons quand le moment sera venu.
Quel est le meilleur conseil que vos parents vous ont donné ?
C’est d’être humble et de travailler dur.
C’était le même conseil pour toute la fratrie, pour vous quatre ?
Oui. On a été éduqué comme une fratrie. Et j’ai hâte de les retrouver.

Elisabeth's Interview with Het Laatste Nieuws

 Het eerste grote gesprek met kroonprinses Elisabeth: “Ik ben blij dat ik weet wat ik de rest van mijn leven ga doen”

Kroonprinses Elisabeth (24) studeert vandaag af aan Harvard. Het begin van een nieuw bestaan met een duidelijke lotsbestemming. Op dit kruispunt in haar leven geeft ze ons haar allereerste grote interview. Ze spreekt over haar leven in de VS, de kansen en opofferingen als kroonprinses, de band met haar familie en haar toekomst als troonopvolger. Maar eerst neemt ze een sabbatjaar, kondigt ze aan. “De oceaan oversteken? Dat behoort op dit moment niet tot mijn plannen, nee.”

Een openbare studeerplek op de universiteit van Harvard. Studenten zitten in opperste concentratie achter hun laptops of met hun neus in de boeken. Niemand kijkt op wanneer een jonge vrouw binnenwandelt. Ze oogt ook gewoontjes. Klassiek gekleed: een grijze cardigan op een jeans en zwarte mocassins. De haren los. Neutrale make-up.

Haar ongedwongen styling en de informele setting zijn illustratief voor wie ze hier kon zijn: simpelweg Elisabeth van Saksen-Coburg, een van de 30.000 studenten aan deze topuniversiteit. Aan Harvard, een kweekvijver van toekomstige staatshoofden, zakenmensen en Nobelprijswinnaars, zijn ze niet onder de indruk van status. Ook niet als je voorbestemd bent om ooit koningin te worden.

Vlak voor haar diploma-uitreiking gaf kroonprinses Elisabeth haar eerste grote interview. Rechts van haar zit onze royaltyjournalist Wim Dehandschutter.
Vlak voor haar diploma-uitreiking gaf kroonprinses Elisabeth haar eerste grote interview. Rechts van haar zit onze royaltyjournalist Wim Dehandschutter. © Koninklijk Paleis

“Ik heb geprobeerd hier een zo normaal mogelijk studentenleven te leiden en ik heb daar volop van geprofiteerd”, vertelt Elisabeth aan het begin van haar eerste grote interview. “Ik woonde in een appartement met vrienden. Ik sportte ook veel. Ik heb veel vrienden die erg sportief zijn, dus zij moedigden mij daarin aan. Massachusetts staat bekend als de ‘running state’, dé staat waar men hardloopt. Dus dat deed ik ook. Ik nam deel aan de halve marathon van Cambridge (de stad waar Harvard ligt, red.). En samen met een paar vrienden ging ik naar New York om daar de marathon te lopen. Wat een ongelooflijke ervaring, want er hing een geweldige sfeer op straat. Het is zo typisch Amerikaans om mensen aan te moedigen.”

Voelde u zich vrij hier?

“Ik heb ervan genoten om niet altijd herkend te worden op straat. Het bracht meer spontaniteit in mijn leven.”

Dat zou niet gelukt zijn als u in België had gestudeerd?

“Dat zou toch anders geweest zijn, denk ik.”

© BELGA

Aan Harvard was u Elisabeth, terwijl u aan een universiteit in België zou worden bekeken als de troonopvolger?

“Mijn bedoeling was om hier gewoon Elisabeth te kunnen zijn. Daarom waren dit zulke belangrijke jaren voor mij. Ik denk dat iedereen hier wel wist wie ik was, maar ik kon een studente zijn zoals de rest. Zelfs als mensen het wisten, keken ze er niet raar van op. Ik zat ook maar gewoon bij hen in de les.”

Uw vader studeerde ook in de Verenigde Staten, aan Stanford in Californië. Hij beschreef zijn tijd aan de universiteit van Stanford als “twee van de beste jaren van zijn leven”. De meest vrije ook, omdat hij geen prins was, maar gewoon Filip, de student. Hij sloot levenslange vriendschappen en reisde veel.

“Wanneer het kon, reisde ik veel door de Verenigde Staten om een andere realiteit te zien dan die van Cambridge. Want Cambridge blijft natuurlijk een microkosmos. Ik trok naar het westen, het zuiden, de omliggende staten en het midden. En ik hoop vrienden voor het leven te hebben gemaakt. Om hen te blijven zien moet ik wel meer reizen, of zij moeten naar België komen. Want ik zat hier met veel verschillende nationaliteiten: uit Amerika, Latijns-Amerika, Afrika, het Midden-Oosten, Azië, Australië...”

Hoe ziet u zichzelf als student? Oud-leerkrachten en -professoren vertelden mij dat u een harde werker bent. Intelligent en gedisciplineerd. Ze benadrukten ook uw perfectionisme.

“Dat perfectionisme klopt ergens wel. Het is een karaktertrek met goede kanten, maar ook slechte. Het is vermoeiend om altijd die perfectie na te streven. Maar dat zit nu eenmaal in mijn aard. Ik vind dat ik het geluk had om aan Oxford en hier te kunnen studeren, dus ik was het aan mezelf verplicht om het maximale uit die ervaring te halen. Ik heb hard gewerkt. Maar ik was niet altijd de perfecte of meest gedisciplineerde student. Ik had ook een leven buiten de universiteit: uitgaan met vrienden, leuke dingen met hen doen... Ik zat niet enkel in de bibliotheek te studeren.”

Sloeg u weleens een les over?

“Op dat vlak was ik respectvol en legde ik de lat hoog.”

Wat is uw mooiste herinnering aan Harvard?

“Er zijn er zoveel! Vanuit academisch perspectief: ik was onderwijsassistent van een professor die een cursus over Azië gaf. Ik hielp hem met kleine taakjes. Het gaf me een andere kijk op het universitaire leven. Heel interessant. En persoonlijk: mijn zus (prinses Eléonore, red.) kwam me bezoeken en we hadden echt een fijne tijd samen. Ik kon haar mijn studentenstad laten zien.”

Over Eléonore gesproken. Ik herinner me het beeld van hoe ze u in de armen vloog bij de diploma-uitreiking in Oxford, twee jaar geleden.

“We komen goed overeen, we hebben een sterke band.”

Eléonore valt Elisabeth in de armen na haar diploma-uitreiking in Oxford.
Eléonore valt Elisabeth in de armen na haar diploma-uitreiking in Oxford. © Photo News

Tussen de regering van president Donald Trump en Harvard zijn er grote spanningen. Ervoer u een bijzondere sfeer?

“Dat is een lastige vraag, dat begrijpt u wel, want er loopt nog een juridische procedure. Wat ik kan zeggen: het was een zeer onzekere situatie voor ons (Trump dreigde de visa van 7.000 buitenlandse studenten in te trekken, red.). Behoorlijk stresserend voor de studenten. De universiteit stelde ons altijd gerust en hielp oplossingen te zoeken. Gelukkig keerde de rust terug.”

Bespraken de professoren dat met jullie?

“We hadden het er af en toe weleens over, op informele wijze.”

De internationale elite studeert aan Harvard. Hebben zij uw blik op de wereld veranderd?

“Ik leerde natuurlijk veel, wat mijn wereldbeeld automatisch verruimde. De Verenigde Staten zijn een van de machtscentra van de wereld. De wereld en Europa door de ogen van de Amerikanen bekijken, deed me nadenken. Ook op menselijk vlak leerde ik veel. Omringd zijn door mensen die heel slim zijn en hard werken, dat houdt me nederig. Het is inspirerend.”

Wat leerde u aan Harvard over machtsverhoudingen? Velen zien de wereld veranderen in slechte zin, er zijn meer dictaturen. Wordt u daar als toekomstig staatshoofd niet moedeloos van?

“Er heerst momenteel veel onzekerheid in de wereld. Dat ondervond ik hier aan den lijve. Maar ik probeer echt optimistisch te blijven, want dat zit in mijn karakter, en om niet moedeloos te worden. En dat wil ik meenemen in mijn toekomstige rol. We hadden een vak ‘applied history’ (toegepaste geschiedenis, red.). Hoe kunnen ‘policy makers’ (beleidsmakers, red.) lessen uit het verleden trekken en die als ‘tools’ (hulpmiddelen, red.) gebruiken in hun beleid? Sorry dat ik half Engels praat. (lacht)”

U zat hier wel op een scharniermoment in de wereldgeschiedenis.

“Inderdaad. Het was interessant om daarover te spreken met studenten uit alle windrichtingen en hun diversiteit aan inzichten mee te krijgen. Dat verruimde mijn blik.”

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U bent nu afgestudeerd. Wat zijn uw toekomstplannen?

“Mijn studententijd was heel intens, ik heb me er volledig in gestort. Ik ga nu proberen om even afstand te nemen en me op een andere manier te ontplooien. Misschien neem ik een jaar of langer de tijd om daarover na te denken. Want ik vind het belangrijk om een solide basis te leggen en niets te overhaasten. Ik ga het stap voor stap doen. En dan begin ik eraan wanneer het moment daar is.”

Dus u gaat nog niet direct aan de slag als actieve troonopvolger. Gaat u nog voortstuderen?

“Ik denk dat ik na mijn lange academische carrière een andere weg insla.”

Gaat u reizen?

“Ik moet mijn diploma nog in ontvangst nemen. Daarna heb ik even tijd nodig om alles op een rijtje te zetten. Alles moet nog geregeld worden.”

Er staat in een krant dat u van plan zou zijn om de Atlantische Oceaan over te steken op een zeilboot…

“Dat heb ik vernomen, ja. Ik zou het geweldig vinden, maar dat behoort op dit moment niet tot mijn plannen, nee. Ik moet nog bepalen wat ik precies ga doen. Eerst mijn diploma ophalen. (lacht)

Gaat u dan stages lopen of vrijwilligerswerk doen?

“Dat is moeilijk te zeggen, want ik weet het nog niet exact.”

Weet u wanneer u uw rol als actieve kroonprinses gaat opnemen, met een eigen hofhouding en een dotatie? Wilt u dat al snel, of toch niet?

“Dat weet ik nog niet precies. Maar morgen zal er op dat vlak niets veranderen. Te gepasten tijde zal ik daarover communiceren.”

In de toekomst gaat u de Belgische handelsmissies leiden, wat tot het takenpakket van een troonopvolger behoort. In afwachting daarvan blijft de koningin dat ad interim doen?

“Er zijn voorlopig geen grote veranderingen op dat vlak.”

Uit enquêtes blijkt dat Belgen ondanks uw jonge leeftijd al een groot vertrouwen in u hebben.

“Dat is natuurlijk fijn om te horen, en ik ben daar dankbaar voor. Maar het legt ook een beetje extra druk op me, omdat er hoge verwachtingen worden gecreëerd. Dat ervaar ik wel.”

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Een deel van die verwachtingen heeft ermee te maken dat u de eerste vrouw op de troon wordt.

“Het wordt inderdaad de eerste keer, en vanuit dat perspectief is het historisch. Maar mijn geslacht is niet het enige wat mij definieert. Het wil wel zeggen dat ik geen voorbeeld van een regerende koningin in België heb om me aan te spiegelen. Dus dat wordt wel een uitdaging. Maar internationaal ben ik niet de enige nu. In mijn generatie zijn er meerdere vrouwen... In andere monarchieën zie je een gelijkaardige beweging.”

U bedoelt dat er veel jonge vrouwen klaarstaan om vroeg of laat koningin te worden in hun land: Amalia van Nederland, Leonor van Spanje, Ingrid Alexandra van Noorwegen...

“Exact. We zitten allemaal in dezelfde situatie. Het is een horde die we samen zullen nemen.”

Kroonprinses Amalia heeft zelfs al verklapt dat jullie samen een WhatsAppgroepje hebben.

“We kennen elkaar al lang en ontmoeten elkaar af en toe op bepaalde evenementen.”

Boston staat bekend als een bastion van de Democraten. Bent u een feministe geworden door hier te studeren?

“Zoals gezegd: het zal de eerste keer zijn dat er een vrouw op de troon komt in België. Daar denk ik wel over na. Maar opnieuw: mijn vrouw-zijn is niet het enige dat me definieert. Ik ben een mens, en zo zal ik mijn rol vervullen in de samenleving.”

Maar zou u zich omschrijven als een feministe?

“Ik vind het moeilijk om dat label op mezelf te kleven. Ik geloof sterk in gelijke kansen voor mannen en vrouwen. Op dat vlak kan er nog veel gedaan worden.”

De voorbije acht jaar heeft u zeven jaar in het buitenland gestudeerd: u zat in het middelbaar op een kostschool in Wales, en deed hogere studies in Engeland en tot nu in de Verenigde Staten. Wakkeren zulke buitenlandse ervaringen uw Belgisch gevoel aan?

“Je voelt je meer Belg als je in het buitenland bent. Dat is zeker het geval voor mij. Vooral in de Verenigde Staten realiseerde ik me dat Belg-zijn ook betekent Europees-zijn, en dat wij, Europeanen veel gemeen hebben. Belgen zijn open en flexibel van geest. Amerikanen kennen ons land onvoldoende. Maar wie het kent, heeft een positieve indruk.”

Waar associëren ze België mee?

“In deze politieke omgeving: met Europese instellingen en de NAVO in Brussel. En dan natuurlijk de clichés: bier, frieten, chocolade, wafels...”

En wat denken Amerikanen van de monarchie als instituut?

“Een koningshuis staat heel ver af van de Amerikaanse realiteit en hun dagelijks leven. Ze kennen het niet zo goed en begrijpen het daardoor ook niet echt. Dus ja, ik heb er zeker vragen over gekregen. Dat was in mijn geval natuurlijk een beetje gek, maar het hoorde erbij.”

Welke vragen stelden ze dan?

“Er schiet me niet direct eentje te binnen. Ik moest er soms echt even voor gaan zitten om hen de basisprincipes en de werking van een monarchie uit te leggen, want het is een compleet ander systeem dan hier.”

Binnenkort bent u weer in België. Waar kijkt u het meeste naar uit?

“Een leuke zomerdag in Brussel. Wandelen door de stad. De voorbije jaren waren heel intensief.”

Wat heeft u in die zeven jaar in het buitenland gemist aan België?

“Natuurlijk mijn familie en vrienden, en de dynamiek die ik met mijn broers en zus heb. Maar ook het gevoel van thuiskomen. Ik heb ontdekt dat ik me enkel in België écht thuis voel — juist daardoor kon ik zo ver van huis gaan studeren. Belgen hebben toch een zekere spontaniteit, warmte en vriendelijkheid. En die typisch Belgische humor, dat is moeilijk om uit te leggen. En dan zijn er nog de kleine dingen, zoals de chocolade. Echt waar. Heb je al eens Amerikaanse of Engelse chocolade geproefd? Dat is toch echt niet hetzelfde als de Belgische.”

Anderen kunnen in het buitenland gaan wonen, of er op zijn minst over dromen. Uw toekomst als troonopvolger en latere koningin ligt onherroepelijk in België. Is dat een beperking?

“Ik zie dat niet als een beperking. Ik ben eigenlijk vrij blij om te weten wat ik de rest van mijn leven ga doen. Veel mensen leven in onzekerheid, ze weten niet waar ze naartoe gaan. Het is ergens mooi om te weten: dit is mijn pad, het leidt daar naartoe. Ik geef mezelf nu de tijd om te reizen en andere dingen te doen. Dat geeft me de mentale vrijheid, omdat ik weet dat ik uiteindelijk terugkeer naar de plek waar ik ben opgegroeid en waar ik vandaan kom.”

Welke opofferingen heeft u in uw leven al moeten brengen als kroonprinses?

“Ik had natuurlijk niet de meest normale jeugd en misschien minder vrijheid dan een normaal persoon. Maar aan de andere kant heb ik er al veel kansen door gekregen. Zo bekijk ik het.”

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Heeft u het gevoel dat u iets gemist heeft in uw jeugd?

“Nee, omdat ik altijd heb geweten dat het zo zou zijn. Als je ergens mee geboren bent, voelt dat anders dan wanneer het je later in het leven overkomt. Ik heb van nature een zeker verantwoordelijkheidsgevoel. Ik denk dat dat mij heeft gevormd tot wie ik ben en hoe ik naar de wereld kijk.”

Ontmoette u mensen of maakte u zaken mee die leeftijdsgenoten nooit zullen ervaren?

“Natuurlijk krijg ik de kans om bepaalde mensen te ontmoeten en van hen te leren. Eerder dit jaar was ik bijvoorbeeld op een receptie met vertegenwoordigers van de NAVO en de Europese Unie. Het was erg interessant om daar de gesprekken te volgen. En mijn ontmoeting met Barack Obama, toen hij op bezoek was bij mijn vader, was ook gedenkwaardig.”

Welke levensles kreeg u van uw ouders mee?

“Wees bescheiden en werk hard.”

Gaven ze die waarden en normen ook mee aan uw broers, de prinsen Gabriël en Emmanuel, en uw zus, prinses Eléonore?

“We zijn echt sámen opgevoed. Comme une fratrie. Als broers en zussen. We kregen geen individuele adviezen. We zijn met ons vieren heel hecht, dus ik kan niet wachten om hen weer te zien. Naarmate we ouder worden gaat ieder toch een beetje zijn eigen weg, met een eigen agenda. Dat maakt het nu extra speciaal elke keer als we allemaal samen zijn.”

Heeft u met uw vader al de troonswisseling besproken?

“Ik studeer deze week af. Dié vraag is nog niet aan de orde geweest.”

U heeft het met de koning toch al over de latere machtsoverdracht gehad?

“Alles op zijn tijd. Ik vind dat hij het geweldig doet, en ik ben erg tevreden met mijn rol. Voilà, het onderwerp staat helemaal nog niet op de agenda.”

Is de buitenwereld daar meer mee bezig dan uzelf?

“Ik denk dat er voor alles het juiste moment is. Dat moment zal wel nog komen. En hij (koning Filip, red.) zal aangeven wanneer het het juiste moment zal zijn.”

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