zaterdag 28 maart 2026

Paris Match: On Elisabeth's choice for Harvard

 “La princesse Elisabeth a été incroyable lors des sélections, elles nous a éblouis”, nous dit Erica Lutes, directrice de Fulbright Belgium



À quelques semaines de la remise de diplôme d’Élisabeth, le 28 mai à Harvard, Erica Lutes, directrice générale de Fulbright (*) Belgique, l’un des plus prestigieux programmes d’échanges culturels et éducatifs entre les États-Unis et d’autres pays, nous dit en quoi la future reine des Belges, détentrice d’une bourse dans ce cadre, vit là une expérience fondatrice.

(*) Créé en 1946 à l’initiative du sénateur de l’Arkansas J. William Fulbright, ce programme de bourses d’excellence existe actuellement dans 160 pays, et compte parmi ses anciens boursiers plusieurs Prix Nobel. Ces bourses sont accordées à des étudiants, des chercheurs, des enseignants et des professionnels désireux d’élargir leur formation, leurs recherches ou de partager leurs compétences en matière d’enseignement durant une année universitaire dans le pays partenaire. Le programme est administré par 51 commissions Fulbright bilatérales, les ambassades des États-Unis et des organisations partenaires. www.fulbright.be

Paris Match. Quand vous avez rencontré la princesse Élisabeth pour la première fois, quel âge avait-elle ?

Erica Lutes, directrice de Fulbright Belgium, Luxemburg, Shuman. J’ai l’honneur de la connaître depuis plusieurs années maintenant. Je l’ai rencontrée alors qu’elle étudiait à l’UWC Atlantic College, au pays de Galles. Elle devait avoir environ 17 ans.

Qu’est-ce qui vous a frappée d’émblée dans sa personnalité ?

Son degré élevé de maturité. Depuis seize ans, je passe beaucoup de temps à travailler avec des étudiants au lycée et à l’université. Et j’ai pu constater qu’elle avait déjà un côté très réfléchi. Par exemple, elle ne réagit pas immédiatement quand on lui pose une question. Elle réfléchit, puis répond.

De manière prudente ?

Je dirais pesée, réfléchie, tout simplement.

Ses parents ont veillé de près à son éducation, de même qu’à celle de ses frères et sœur. On sait qu’ils ont été attentifs à donner à tous leurs enfants des bases solides et une éducation en béton, faite d’apprentissage, de discipline, d’amour. Ils semblent avoir privilégié au sein de leur cellule familiale l’échange, la discussion, l’expression aussi et le partage de valeurs.

Ils sont très proches d’elle. Et en même temps, ils veulent lui laisser sa liberté. Il est clair que les parents de la Princesse se soucient profondément de son éducation comme de celle de chacun de leurs enfants. Ils ont tous deux manifesté de l’intérêt et même participé aux étapes antérieures du processus, essayant de comprendre comment fonctionne le système américain. C’est très impressionnant de voir à quel point ils ont pris cela au sérieux. Je pense qu’ils sentent qu’il est de leur responsabilité de s’assurer que leurs enfants reçoivent la meilleure éducation possible.

Élisabeth caressait-elle de longue date le projet de postuler pour une bourse Fulbright ou, plus largement, d’aller étudier dans une grande université américaine ?

Elle avait depuis quelques années l’idée de se rendre aux États-Unis pour effectuer son master. Lorsqu’elle a choisi Oxford pour sa licence, elle savait qu’elle embrayerait ensuite sur un cycle d’études complémentaire aux États-Unis. Nous avions alors vu cela comme une continuité. Mais le monde a tellement changé en quelques années…

La nouvelle administration américaine a mis la pression sur Harvard, pour le dire simplement. Cela était-il prévisible ?

Toute la toile de fond s’est modifiée de façon incroyable.

Vous gérez et soutenez les parcours de nombreux étudiants étrangers qui vont étudier aux États-Unis avec une bourse Fulbright, dont la princesse Élisabeth. Avez-vous dû faire face à de nouveaux écueils suite au changement d’administration ?

Nous travaillons un an à l’avance, donc les étudiants qui ont postulé la même année qu’Élisabeth ne connaissaient pas encore, lorsqu’ils se sont inscrits, les résultats des nouvelles élections présidentielles. Mais au moment où ces étudiants boursiers sont arrivés, le climat avait déjà radicalement changé. Traditionnellement, la bourse Fulbright est restée stable au fil des ans, malgré des contextes parfois très différents selon les mandats présidentiels. J’occupe le poste de directrice générale de Fulbright Belgique depuis seize ans. Durant cette période, nous n’avons jamais vu autant de changements dans le paysage de l’enseignement supérieur aux États-Unis que ce que nous vivons depuis un an à peu près.

En 2025, l’administration américaine s’est engagée dans une série de combats contre les universités de renom, avec notamment des restrictions des visas accordés aux étudiants étrangers. Harvard était alors en ligne de mire.

Nous avons vu et vécu de nombreuses perturbations. Il y a eu beaucoup de confusion quant au statut des visas. On évoque souvent dans les médias l’exemple des universités de pointe, mais de nombreux établissements sont concernés. Il en existe un grand nombre aux États-Unis, près de quatre mille. Je comprends qu’il y ait eu un intérêt médiatique spécifique pour Harvard : ce nom est naturellement familier, et plusieurs de nos universitaires et boursiers belges y étudient chaque année.

Avez-vous redouté de perdre une partie de votre financement Fulbright ?

Nous étions dans le doute l’an dernier quant au maintien de ce volet, et des visas. Ce qui était assez stressant pour nous l’était évidemment aussi pour les étudiants, car ils ignoraient quelle serait l’évolution de la situation et du programme. C’était aussi très inconfortable pour ceux qui avaient reçu une bourse de deux ans et étaient engagés dans un cycle d’études.

La princesse Élisabeth est donc titulaire d’une bourse Fulbright dans le cadre de ses études à la Harvard Kennedy School, ce hors volet financier. Elle a en revanche franchi les étapes de sélections habituelles, comme tous les autres candidats.

Absolument. Elle ne reçoit aucun appui financier de notre part. En revanche, elle a bien sûr traversé le même processus de candidature que tous les autres étudiants. Et la Princesse a été incroyable lors des sélections. Elle nous a éblouis. Certaines personnes pensent qu’elle a obtenu cette bourse en raison de son rang, ce qui est on ne peut plus faux. C’est un élément brillant.

La question des visas aux étudiants étrangers qui pouvaient être révoqués en cours de route a suscité de nombreuses interrogations. L’été dernier, le doute subsistait quant au retour d’Élisabeth à Harvard. La situation restait floue. Le Palais royal nous avait indiqué qu’elle n’accepterait, en tout cas, aucun traitement de faveur. Finalement, la majorité des étudiants étrangers de Fulbright ont, semble-t-il, conservé leur visa. Y a-t-il eu un réel suspense sur ce front pour vous ?

Là encore, de nombreuses personnes imaginaient qu’étant princesse, elle avait la garantie de conserver son visa. Mais ce n’était pas du tout le cas. Son visa a été traité comme celui de chaque autre étudiant. Nous étions en charge de son formulaire DS-2019 (NDLR : le certificat d’éligibilité pour une demande de visa J-1). Il y avait, de fait, beaucoup de flou et, l’été dernier, nous nous sommes vraiment demandé ce qui se passerait si Élisabeth ne pouvait pas retourner à Harvard. Rétrospectivement, cela peut sembler aberrant parce que nous savons aujourd’hui qu’elle est là et va obtenir son diplôme, qu’il n’y a aucun problème… Mais, à un moment, les choses étaient loin d’être aussi limpides. Élisabeth se considère totalement sur un pied d’égalité avec les autres étudiants. La dernière chose qu’elle souhaite est d’être au-dessus des lois. Elle tient beaucoup à ne pas faire exception à la règle, quelle qu’elle soit. C’est un point que nous admirons beaucoup chez elle.

Si elle n’avait pas obtenu la prolongation de son visa, s’il avait été interrompu ou non renouvelé pour la deuxième année de son cursus, quelles solutions auraient été envisageables : étudier à distance, en ligne, dans un autre pays ?

Nous ne savions pas si l’administration américaine, en parlant des visas, pensait surtout à Harvard ou à toutes les universités. Il y avait donc un espoir de pouvoir, le cas échéant, transférer les étudiants dans d’autres établissements. Ou, effectivement, de leur proposer de poursuivre leur programme académique en ligne. On aurait pu imaginer aussi que tout s’arrête complètement. Heureusement, cela n’a pas été le cas. Le suspense n’a duré que quelques semaines. Mais, durant cette période, nous avons été dans de réelles interrogations.

Les étudiants étrangers détenteurs de la bourse Fulbright ont donc pu, pour la plupart, conserver leur visa ?

La grande majorité des boursiers l’ont reçu ou conservé. Seule une poignée d’entre eux n’ont pas reçu leur visa. Je n’ai pas connaissance de Belges dans ce cas. Certains d’entre eux ont fini par partir quelques jours plus tard. Mais, globalement, cette période a été une grande source de stress.

Les mesures gouvernementales ont-elles freiné les initiatives, les envies, les inscriptions au programme Fulbright ? La surveillance en ligne, notamment, a-t-elle eu un impact ?

De nombreux étudiants n’ont pas postulé pour des bourses parce qu’ils savaient que le contrôle des réseaux sociaux risquait de les pénaliser. Donc nous avons vu, en effet, certaines personnes se détourner de l’Amérique et se diriger vers le Royaume-Uni ou d’autres institutions en Europe ou au-delà. Nous avons perdu surtout des personnes qui étaient plutôt du personnel académique, des personnes érudites, des chercheurs ayant déjà de jeunes enfants ou des hypothèques, etc., qui n’ont pas voulu prendre de risque. Oui, cela a eu beaucoup d’impact sur le programme Fulbright. Dans la vie quotidienne, tout le monde a peur de penser, ou a peur d’avoir peur. C’est un cercle vicieux. Il y a un niveau d’appréhension que je ressens certainement aussi. Mais nous avons interviewé dans nos bureaux de nombreux étudiants de qualité qui s’inquiétaient de la situation et souhaitaient s’investir dans le changement. C’est un message que je souhaiterais faire passer : il s’agit de dire à quel point les gens sont encore passionnés et souhaitent se rendre dans certaines institutions en Amérique pour la recherche, en faisant abstraction de la politique. J’espère que c’est cela qui va émerger, car les États-Unis sont un pays tellement riche. La stimulation intellectuelle y est immense.

Plus largement, les incursions de l’administration dans certaines matières, certains cursus, budgets ou domaines de recherche ont-elles eu un impact sur le financement du programme Fulbright ?

Cela dépend. Les bureaux de Fulbright, qu’ils soient à Bruxelles, à Paris, en Islande ou en Chine, par exemple, sont tributaires en grande partie du Département d’État américain. Une partie moindre du financement provient par ailleurs du gouvernement national de chaque pays concerné. Donc, dans notre cas, de Belspo (Belgian Science Policy Office), l’institution fédérale qui soutient les musées et des institutions comme la Bibliothèque royale. Les proportions entre le financement américain et celui de la nation hôte varient d’un pays à l’autre. Dans le cas de Fulbright Allemagne, par exemple, 80 % des fonds sont allemands, et seulement 20 % proviennent des États-Unis. C’est un équilibre à maintenir dans le cadre du travail bilatéral que nous effectuons. À Fulbright Belgium, nous avons subi une réduction budgétaire de 5 % cette année, ce qui est assez “correct” par rapport à ce que nous aurions pu redouter dans le contexte actuel. J’ajouterai par ailleurs que, pour l’année académique 2025-26, la commission Fulbright à Bruxelles a attribué quinze bourses à des bénéficiaires belges (sept étudiants et huit chercheurs). Ces Fulbrighters ont été sélectionnés pour étudier ou mener des recherches aux États-Unis dans divers domaines académiques tels que l’ingénierie, le commerce international, les sciences médicales, la littérature, la biologie, et bien d’autres. Parmi nos Fulbrighters actuellement aux États-Unis, on trouve Raya Bogdanova, une étudiante en recherche prédoctorale menant des travaux sur les altérations génétiques du développement cérébral et des troubles neuropsychiatriques à l’Université de Stanford. À l’Université de Princeton, Tilke Devriese poursuit, dans le cadre de son doctorat en cours, des recherches pour développer une expertise de pointe en ingénierie structurelle. Enfin, Brandon Ndikumana est un étudiant de master avec des bases en architecture qui poursuit ses études en urbanisme au MIT, avec un accent sur le développement international. Ceci pour vous dire que nous restons sur la bonne voie.

Comment Élisabeth se prépare-t-elle pour la dernière ligne droite avant la cérémonie du 28 mai ?

Son objectif est de se concentrer sur sa thèse de maîtrise et de conserver des notes aussi élevées que possible. Tout le monde s’interroge sur son avenir et spécule quant à ce qu’elle va faire après Harvard, mais je peux vous dire une chose : la Princesse est concentrée sur son cursus actuel. Elle veut terminer ce chapitre en beauté.

Pensez-vous qu’elle envisagerait de retourner aux États-Unis après cela, pour une formation aux Nations unies ou autre ?

Je pense qu’elle aurait pu rester en Amérique, mais son visa Fulbright ne lui permet pas de travailler aux États-Unis pendant les deux années qui suivent la fin de son cursus. C’est le cas de tous les Fulbrighters. Elle aurait pu y faire déjà son stage d’été l’année dernière, mais elle a choisi de revenir en Belgique. Et je pense que c’était un très bon choix que de participer à un groupe de réflexion (NDLR : le think tank européen Bruegel), en particulier dans ce contexte que nous avons évoqué. Pour l’instant, comme je l’ai dit, elle est vraiment concentrée sur ses épreuves, mais elle pourrait certainement retourner aux États-Unis plus tard pour une formation.

L’interdiction de retourner aux États-Unis durant un an ou deux après le séjour est d’application depuis de longues années dans d’autres programmes d’échange, comme le programme AFS, qui permet une immersion d’un an en “high school”…

Dans notre cas, celui de Fulbright Belgium, les gouvernements belge et américain financent les bourses, et nous veillons à respecter certaines règles. Il faut s’assurer notamment qu’il n’y aura pas de “brain drain”, d’aspiration de cerveaux. Les pays d’origine veulent récupérer leurs étudiants. En même temps, aujourd’hui, il y a le phénomène inverse : certains quittent les États-Unis pour s’installer en Europe, par exemple.

Imaginons qu’Élisabeth soit votre jeune sœur. Lui conseilleriez-vous de se lancer dans un nouveau cursus après la Harvard Kennedy School ? Ou d’aller sur le terrain pour cumuler de l’expérience professionnelle et humaine ?

Elle a la capacité de choisir l’un ou l’autre. En oubliant son statut de princesse, je vous dirais ceci : elle a la capacité de devenir une “académique”, une professeure ou chercheuse. C’est quelque chose que je ne vois pas dans chaque étudiant, même brillant. Cette capacité, on l’a ou on ne l’a pas. D’autre part, elle est compétente de façon plus large encore et aurait la possibilité de se lancer sur le marché du travail. Elle peut travailler en équipe. Donc, à mes yeux, elle pourrait faire l’un ou l’autre. Mais si j’étais sa sœur aînée, je lui conseillerais surtout d’explorer, autant que possible, un maximum de choses. C’est la seule manière de savoir ce qu’on aime vraiment ou pas.

Au-delà des États-Unis, quel endroit recommanderiez-vous pour un étudiant, et pour Élisabeth en particulier ?

Il y a tant d’options ! Mais un autre point m’a impressionnée chez elle : avant de choisir Harvard, elle a réellement envisagé et pesé méthodiquement toutes les possibilités. En allant du plus grand au plus petit, elle a scruté les programmes et les caractéristiques de nombreuses écoles et en a réduit le nombre. Elle s’est renseignée sur des points précis, sur les professeurs, de façon très approfondie. Je veux dire ceci : qu’il s’agisse d’Oxford ou de Harvard, elle n’a pas choisi ces institutions pour leur prestige ni par un quelconque automatisme. Elle a tout soupesé en amont, par le menu, avant de choisir les écoles et les cursus qui, à ses yeux, apparaissaient comme les meilleurs choix. C’est le genre de processus qu’idéalement tout le monde devrait appliquer avant de se lancer où que ce soit.

On sait que l’accès aux universités américaines de prestige, notamment celles de la Ivy League, est complexe et coûteux. Mais on sait aussi qu’une fois entré, on a de fortes chances d’en sortir diplômé, notamment parce qu’on bénéficie d’un encadrement plus serré, avec des groupes plus restreints dans chaque cours et plus d’interaction entre étudiants et professeurs, entre autres. Est-ce toujours vrai ?

Ce n’est pas un cliché. Une fois que vous êtes dans une université américaine, il est très difficile d’échouer. C’est une des choses qui peuvent choquer les Américains qui se rendent en Belgique pour les études supérieures : savoir que vous pourriez rater une année. Vous n’envisagez même pas l’échec, car ça n’entre tout simplement pas dans le cadre des possibilités du système américain.

En Europe, du moins en Belgique, l’accès aux universités est moins restrictif et beaucoup moins coûteux. En revanche, on y échoue souvent. Quels sont, à vos yeux, les atouts et faiblesses de chaque système ?

Je ne sais pas s’il y a une bonne et une mauvaise façon de procéder. Je ne pense pas que des montants comme 80 000 dollars par an dans une université américaine soient enthousiasmants, bien sûr. Ce n’est évidemment pas accessible à la majorité des personnes et cela ne met pas les étudiants en position de réussite, car cela les oblige à contracter des prêts qui les brident souvent des années durant. De ce point de vue là, c’est un système dur, mais il y a d’autres conséquences. Quand vous dépensez 80 000 dollars par an, les professeurs doivent être efficaces. Il est fascinant de voir que ceux-ci, dans les universités américaines, quelle que soit leur nationalité, ressentent ce besoin impérieux d’être plus divertissants, plus charismatiques et plus engageants dans un auditoire pour capter l’attention des étudiants. D’autre part, le système des universités belges où, en gros, chacun est autorisé à entrer, mais où les taux d’échec en médecine, droit ou ingénierie par exemple sont importants, n’est pas non plus une panacée. Peut-être le système “idéal” se trouverait-il quelque part entre les deux.

Un point encore sur Harvard, et la Harvard Kennedy School en particulier. La princesse Élisabeth y évolue-t-elle réellement librement ? Est-ce une spécificité de ce campus ?

L’endroit où elle vit est comparable aux lieux de vie de tous les étudiants. Ce n’est pas “spécial”. Je pense vraiment qu’elle y fait une expérience authentique. Elle peut en effet évoluer librement, ce qui est précieux. C’était sa volonté. Elle a eu cette opportunité de vivre comme une jeune étudiante lambda. C’est une opportunité rare, dans son cas, et je suis convaincue que c’est quelque chose qu’elle va porter en elle et qui lui donnera une force.

Cette expérience entre deux continents, avec toutes ses connaissances en géopolitique et dans des matières diverses est et restera, relevez-vous, un terreau fondateur.

Je pense sincèrement que les changements dans l’administration américaine auront créé une expérience particulièrement forte et intéressante. La Princesse aurait pu étudier à Harvard dans une période où l’alignement entre les États-Unis et l’Europe était, disons, “plus lisse”. Ici, ce ne fut pas le cas. Et c’est une expérience qu’elle portera avec elle pour le reste de sa vie. Ce point d’inflexion que nous connaissons aujourd’hui devrait, à mon sens, constituer une expérience incroyable pour le jour où elle sera appelée à guider la Belgique en tant que nation. Cette époque est spéciale et elle la vit de l’intérieur, sur le terrain.

Cette période bénie des études lui permet, d’autre part, de savourer encore quelques moments d’anonymat relatif.

Bien sûr. En ce moment, elle est étudiante. Et j’apprécie vraiment que le Palais lui laisse ce temps et que les médias lui accordent ce respect. Cela lui permet d’essayer de vivre sa vie d’étudiante normalement. L’un des points forts de ses études à l’étranger, que ce soit à Oxford ou à Harvard, c’est de lui avoir permis et de lui permettre encore d’être elle-même. Les autres étudiants, même s’ils peuvent savoir qui elle est, respectent sa vie privée. Cela lui donne davantage de latitude pour apprendre à se connaître vraiment en tant que personne. Et je pense que cela fera d’elle une meilleure reine un jour. Elle a déjà toute la formation et toutes les connaissances. Et elle travaille si dur ! Nous pouvons tous le confirmer, ici dans mes équipes à Fulbright. Elle prend ses études extrêmement au sérieux. Elle est bienveillante avec les autres, elle est attentive à la communauté Fulbright et aux autres étudiants à Harvard.

Comment vont se dessiner les dernières semaines de son cursus ?

Pour tous les étudiants de sa promotion à la Kennedy School, les cours se terminent en avril. Ensuite, elle aura deux semaines pour étudier, puis viendra une période d’examens, jusqu’à la “graduation”, la remise de diplômes. Les étudiants aiment profiter de cet intervalle pour voyager. C’est un autre trait que j’apprécie chez Élisabeth : le goût de la découverte. Elle essaie de voir d’autres endroits des États-Unis dès qu’elle dispose de quelques jours de repos. Elle aime voyager, visiter des États très différents.

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